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« Il y a les vendus et il y a les purs »

Tradition et contre-courants dans le cinéma contemporain

L’OFAJ organisait hier un débat passionnant entre des cinéastes aussi différents que Volker Schloendorff, Emily Atef, Pia Marais et Bruno Dumont. Malgré leurs origines diverses, leurs écarts générationnels, ces réalisateurs se sont tous définis en fonction d’une certaine résistance à un cinéma de divertissement, économiquement rentable. On a ainsi pu entendre ces mots de la part de Bruno Dumont : « Il y a les vendus et il y a les purs ».

Ce riche débat a permis de dévoiler les difficultés que connaissent ces cinéastes pour financer, et surtout pour diffuser leurs films. Plusieurs problèmes ont pu être soulevés : celui des médias qui n’ont pas le courage de faire place à ces films que ce soit en terme de promotion ou de diffusion, celui d’un jeune public moins éveillé à la cinéphilie, celui d’une politique culturelle qui n’a pas le courage de faire de vrais choix quant aux films qu’elle valorise. Emily Atef et Volker Schloendorff ont insisté sur le fait que la situation était bien plus alarmante en Allemagne qu’en France, où les réalisateurs peuvent encore bénéficier de l’avance sur recette du CNC. Tous deux ont également remarqué que le public français se mobilisait davantage pour leurs films que le public allemand.

En définissant le cinéma comme lieu « où l’on devient humain », où l’on se fabrique une sensibilité, Bruno Dumont a souligné à quel point l’engouement pour un cinéma de divertissement et le manque d’attention porté au cinéma d’art pouvaient être dangereux pour nos sociétés. Le cinéma permet au spectateur une identification cathartique et fait partie d’une culture qui, si elle disparaissait, laisserait place à la barbarie.

Malgré une certaine amertume et beaucoup de pessimisme, les quatre réalisateurs ont noté que les moyens de production des films étaient de plus en plus accessibles et légers et qu’il restait beaucoup de possibilités de création et d’invention aux jeunes générations.