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Isabella Rossellini joue les bonnes mamans

Une mamma araignée se laisse dévorer par ses petits tandis qu’une mamma hamster mange les plus faibles de sa portée pour avoir la force de nourrir ses autres progénitures. Rien à voir avec la mamma coucou qui dépose son œuf dans le nid d’une autre avec l’espoir que son oisillon soit le mieux nourri. Bref : chaque mamma a une recette magique pour assurer sa descendance.

"Mammas" - Isabella Rossellini
“Mammas” – Isabella Rossellini

En endossant la peau de différentes mammas animales au sens propre du terme, Isabella Rossellini invite avec une malice toute scientifique à reconsidérer la notion d’”instinct maternel”. En observant à la loupe ce qui se passe dans la nature, il devient difficile de réduire l’instinct maternel à des expressions toutes faites comme “le sacrifice de soi”, ou encore “la source de l’altruisme et de la générosité” comme a pu le faire autrefois Darwin.

C’est ce que nous explique la réalisatrice et interprète perchée sur un tabouret dans un décor studio des plus épurés. Seule sa voix narrative un brin joueuse rassure : il ne s’agit pas là d’un monologue philosophique devant la caméra mais d’une ouverture sur le “pourquoi du comment” de ce nouveau documentaire animalier pas comme les autres. Puis le décor tombe et après quelques notes de piano enjouées, la star se réincarne en une autre bestiole.

“Une mamma dans tous ses états”

Isabella Rossellini présente avec “Mammas” une série de dix court-métrages dans la catégorie Forum Expanded (première mondiale). Ce nouveau feuilleton consacré à la vie des bêtes n’est pas sans rappeler “Green porno”, présenté en 2008 à la Berlinale. Isabella Rossellini y apparaissait également déguisée en différents animaux et s’étonnait de la diversité de leurs modes d’accouplement.

Le ton n’a pas changé : le discours scientifique est repris et mis en scène de manière complètement loufoque, ce qui permet de rire comme d’interroger tout un paquet d’idées reçues sur la maternité. Et c’est bien là tout le talent d’Isabella Rossellini : une maîtrise parfaite de la gamme entre glamour et grotesque !

Côté décors et costumes, en revanche, il y a du nouveau. Dans les séries “Green Porno” et “Seduce me”, produits aux États-Unis en association avec Sundance Channel, les décors étaient de papier. Cette fois, rendez-vous est donné à Paris, avec haute-couture et artisanat. On ne peut qu’admirer l’imagination débordante et le travail minutieux des dessinateurs, marionnettistes, couturiers et sculpteurs lorsque l’interprète évolue dans les différents environnements. De quoi émerveiller plus d’une personne, sans même faire appel à la baguette des effets numériques : ça fait du bien!

Infos pratiques :

  • ARTE diffuse à 20h45 un épisode de la série “Mammas” à partir du 6 février et jusqu’à la fin de la Berlinale.
  • Le 8 février, quatre épisodes de la série “Mammas” seront présentés en avant-première sur ARTE dans le magazine “court-circuit”.
  • La première mondiale de “Mammas” avec la série des dix court-métrages aura lieu au cinéma Delphi Filmpalast le 9 février à 21h30. Marc Chouarain au piano (compositeur de la musique de la série) et Isabella Rossellini seront présents à cette projection sous forme de ciné-concert.

À cette occasion, Isabella Rossellini recevra la “Berlinale Camera”. Ce prix honorifique récompense des personnalités du cinéma ou des institutions auxquelles le festival international du film de Berlin se sent particulièrement redevable.

 

Making-of de « Mammas » sur ARTE :