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Le palmarès de la 62ème Berlinale

Le jury présidé par Mike Leigh a rendu son verdict hier soir, délimitant un palmarès aux contours variés et récompensant des propositions cinématographiques fortes et originales.

L’Ours d’Or revient tout naturellement aux frères Taviani avec Cesare Deve Morire, l’un des deux sommets de la compétition, récompensant ainsi un film au propos engagé, et développant une esthétique concrète de l’enfermement pour un mélange entre fiction et réel assez déroutant.

Autre sommet de la compétition, Tabu de Miguel Gomes repart avec le prix Alfred Bauer, qui récompense un travail particulier d’innovation, ce qui est totalement justifié, tant le film invente des moyens narratifs et esthétiques de manière réjouissante. Il est d’ailleurs assez amusant de constater que Cesare Deve Morire et Tabu, par leurs factures originales et la puissance d’invention qui les habitent, auraient chacun très bien pu recevoir le prix qui était destiné à l’autre.

Le grand prix du jury revient au film hongrois Just the Wind, récompense que l’on pourrait interpréter comme un signe politique envoyé à toutes les démocraties d’Europe, puisque le film traite du sort réservé aux Roms.

Côté allemand, nous ne sommes pas en reste puisque Barbara, dont on soufflait un peu partout à la Berlinale que Nina Hoss, son interprète principale, avait de bonne chance de remporter un prix d’interprétation, a finalement reçu le prix du meilleur réalisateur en la personne de Christian Petzold. Ce prix récompense un travail sobre et d’une grande acuité dans la description des rapports humains, pour un récit qui prend place en 1980 dans une petite ville de province allemande sous le régime communiste.

Un prix d’interprétation féminin qui, au bout du compte, revient à la jeune Congolaise Rachel Mwanza (14 ans) pour son rôle de rebelle enrôlée de force dans une milice d’opposants à un gouvernement africain, dans le film de Kim Nguyen du même nom, Rebelle. Rôle très physique et extrême dans sa confrontation à l’horreur de la guerre civile, que le jury a voulu décerner à une actrice pour le moment inconnue.

Si l’épatant jeune acteur de L’Enfant d’en haut (Kacey Mottet Klein) n’a pas été récompensé, le film d’Ursula Meier ne repart pas bredouille de cette Berlinale, puisqu’il lui a été décerné une mention spéciale comme un signe d’encouragement à poursuivre dans cette voie.

Pour finir, le prix pour une contribution artistique extraordinaire revient au travail du caméraman Lutz Reitemeier sur le film chinois White Deer Plain de Wang Quan’an, et nous éviterons de nous étendre sur les deux prix accordés à A Royal Affair (prix d’interprétation masculine et prix du scénario) tant il paraît étrange qu’un tel sommet d’académisme puisse accéder à une double récompense, seule véritable faute de parcours d’un jury qui avait su jusque-là rendre un palmarès équilibré.