Langue actuelle Aktuelle Sprache

Clique ici pour suivre l’un de nos blogs de festivals de cinéma

Internationale Filmfestspiele Berlin Französische Filmwoche, Berlin Semaine de la critique Cannes Französische Filmtage Tübingen / Stuttgart Festival Du Cinema Allemand

« Through the miracle of television we are here now » – la retransmission de la cérémonie d’ouverture de la 64ème Berlinale

 

JEUDI 6 février, à 19h30, au Berlinale-Palast, s’est tenue en grande pompes et souliers vernis la Cérémonie d’ouverture du 64ème Festival du film de Berlin. Nous n’y étions pas.

Une heure plus tard et deux kilomètres plus loin, au Friedrichstadt-Palast, s’est tenue en un peu moins grandes pompes la retransmission de cette même Cérémonie d’ouverture. Nous y étions.

 

Anke Engelke et le public du Berlinale-Palast vu depuis le Friedrichstadt-Palast

 

Et par un savant jeu de mise en scène nous avons pu nous aussi se sentir les privilégiés complices de l’évènement.
Nous avons ri avec Christoph (Waltz), applaudi aux côtés de Tilda (Swinton). Que les tribulations name-droppingesques d’Anke Engelke nous aient diverties ou non, la mission était remplie : nous faire oublier le différé et passer de l’autre côté.

CREVER L’ÉCRAN

À quoi avons-nous vraiment assisté ? À un vaste retournement ; le spectacle d’un public plus spectaculaire encore que la scène qu’il regarde, puisque c’est la scène (en la personne énergique d’Anke) qui vient à lui.
Et pour nous, second public, la mise en tension d’une présence/absence de tous ces êtres de cinéma appelés à se regarder vivre, rire et s’ennuyer en grand.
Saluons au passage la culottée prise de parti de la réalisation, qui choisit avec un engagement sans faille la thématique bâillement de star en gros pour ses plans de coupe.

Et nous spectateurs au carré de se retrouver aspirés par les multiples feuilletés d’un écran qui ne cesse de se déplier jusqu’à sortir de lui-même.

NO MAN’S SCREEN

Car il fallait bien que ça arrivât : qu’explosent les poupées russes ; qu’après tant de projections spatio-temporelles la chair et l’os reprennent leur droits, que finissent par s’aligner les écrans comme s’alignent les planètes dans Melancholia. Avec un résultat identique : la fin de l’image.

Et l’écran de fondre au blanc pour laisser place à des corps, des vrais, ici et maintenant. « Through the miracle of television we are here now » : Bill Murray a tout compris. Soudain téléporté face à nous, la surprise de la soirée investit l’espace scénique entre un écran télévisuel qu’il vient de quitter et un public réel qu’il a eu le temps de rejoindre dans une résolution ultime et sans soubresaut du couple différé-direct.

Et l’acteur-sablier précédant son personnage (dans The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, film d’ouverture projeté ensuite -ndlr) laisse se creuser un dernier et inédit passage pour écouler en douceur le spectateur étourdi dans l’écran redevenu, enfin ! cinématographique.