Langue actuelle Aktuelle Sprache

Clique ici pour suivre l’un de nos blogs de festivals de cinéma

Internationale Filmfestspiele Berlin Französische Filmwoche, Berlin Semaine de la critique Cannes Französische Filmtage Tübingen / Stuttgart Festival Du Cinema Allemand

Trois questions aux jurés (1/3)

Sur le même modèle que celui établi les années précédentes par Julien Marsa, nous avons proposé aux jurés de se présenter en répondant à trois questions concernant leur cinéphilie, leur rapport au cinéma allemand et leurs attentes par rapport à l’expérience qu’ils sont en train de vivre. Itamar et Lucie ouvrent la marche.

Itamar Gov

D’où vient votre passion pour le cinéma ?
Je trouve que le cinéma contient toutes les autres formes d’art et, en même temps, je suis particulièrement heureux quand je vois des moments cinématographiques qui ne peuvent pas être traduits dans les autres médias. C’est aussi ça, la puissance du cinéma, comme en témoigne certains films que j’affectionne particulièrement tels que Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, Et vogue le navire… de Federico Fellini et Persona d’Ingmar Bergman. Un film, c’est également comme une porte qui permet de passer vers d’autres mondes. On peut oublier la réalité, mais aussi envisager nos émotions d’une autre manière. L’autre chose qui m’intéresse, c’est que le cinéma existe depuis 120 ans et a donc accompagné tout le XXe siècle ; ce qui fait de son histoire un moyen idéal pour suivre l’évolution des courants sociaux, politiques, philosophiques et même musicaux.

Quel regard portez-vous sur le cinéma allemand ?
Aujourd’hui, il devient plus facile pour les Allemands de revenir sur leur Histoire. C’est un mouvement qui va de paire avec les évolutions de la société allemande. En témoigne certaines comédies sur le nazisme, à l’instar de Über-ich und Du de Benjamin Heisenberg présenté cette année à la Berlinale. Mais, en règle générale, je trouve que le cinéma allemand contemporain à tendance à s’enliser dans une forme de réalisme ; alors, lorsqu’on repense aux innovations cinématographiques que les réalisateurs allemands ont su proposer, notamment, dans les années 1920 et 1930, on peut trouver qu’il est un peu dommage de les voir maintenant se borner à cette veine réaliste.

Que représente pour vous l’opportunité de faire partie de ce jury ?
Je crois qu’il est essentiel, en tant qu’étudiant en cinéma, de ne pas rester uniquement dans le cadre universitaire. À la fin, on n’étudie pas pour seulement avoir des discussions dans des classes fermées. Il est donc important de créer des liens entre les théoriciens et les cinéastes et essayer, dans une certaine mesure, de participer aux évolutions du cinéma contemporain. En tout cas, je suis très heureux d’avoir l’opportunité d’être dans le jury pour rencontrer des cinéastes et écrire des critiques sur les films qu’on regarde.

Lucie Brux

D’où vient votre passion pour le cinéma ?
D’une passion pour l’image.

Quel regard portez-vous sur le cinéma allemand ?
Un regard attentif, curieux et exigeant, comme le demande ce cinéma attentif, curieux et exigeant.

Que représente pour vous l’opportunité de faire partie de ce jury ?
L’intensité des projections et des débats que requièrent dix jours de Berlinale en tant que jury permet de voir des films que l’on n’aurait probablement jamais vus ; de les discuter, les réfléchir, les analyser, les mettre en contraste, de manière continue et effervescente. Et, par-là, d’élargir le débat au cinéma, français, allemand, européen, jeune, vivant, et continuer d’ouvrir nos regards, pour prendre une part active, à notre petite et modeste échelle, à l’élaboration de cinématographies en devenir, en rencontrant les faiseurs d’aujourd’hui et rêveurs de demain.