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Trois questions aux membres du jury, la suite

Suite et fin, donc, de nos petites interviews pour mieux faire connaissance avec les membres du jury.
Toujours sur le même modèle :

1- D’où vient votre plaisir / désir de cinéma ?

2- Quel regard portez-vous sur le cinéma allemand ?

3- Que représente pour vous l’opportunité de faire partie de ce jury ?

Deniz Sertkol

1- Cela vient de différentes choses. Par exemple, l’oncle de ma mère tenait un cinéma, ce qui fait que mes parents allaient souvent y voir des films, et ils m’ont transmis cette passion. Puis, lorsque je suis entrée à la faculté, j’ai suivi un cours de cinéma. À ce moment-là, j’ai véritablement pris conscience que c’était ma vocation. J’ai étudié le cinéma à Aix-en-Provence, grâce au programme Erasmus, et je dois dire qu’en France, on sent vraiment le poids de l’histoire du cinéma. J’aimerais qu’il en soit ainsi également en Allemagne, car il n’y a pas de vraie culture de cinéma, et j’avoue que cela me manque. Donc je suis souvent revenue en France pour faire des stages, notamment à Arte. C’était très enrichissant. Sinon, j’écris depuis trois ans des articles sur un blog.

2- Je pense qu’il y a beaucoup de potentiel, mais malheureusement, certains obstacles, notamment au niveau du financement des films, empêchent la production allemande de décoller. Il faudrait que le cinéma allemand puisse tenter des choses plus expérimentales. C’est très dur ici de faire des films avec un discours qui ne soit pas conventionnel.

3- Pour moi, c’est comme un rêve qui devient réalité. C’est une expérience intéressante et importante d’avoir face à soi des opinions différentes, qui proviennent d’une autre culture. Ce mélange me procure des émotions très fortes lors des discussions.

Marion Siefert

1- J’ai toujours aimé lire, me raconter des histoires. Lorsque j’étais enfant, je n’avais pas la télévision, donc je voyais très peu de films. Mais dans ma famille, il y avait mon oncle et ma grand-mère qui possédaient beaucoup de cassettes vidéo, et c’est comme ça que j’ai pu commencer à voir une grosse quantité de films. Et puis j’ai commencé à aller au cinéma, et je me suis faite une culture cinématographique de cette façon. En plus, j’ai toujours eu des amis qui adoraient le cinéma, ou qui ont fait des études dans ce domaine, donc nous échangions beaucoup sur ce sujet. Malgré le fait que je n’aie moi-même jamais étudié le cinéma, cela a toujours été mon hobby principal. J’ai également participé à la fabrication de quelques films amateurs et ce, à différents postes.

2- C’est un cinéma que l’on connait finalement assez peu à l’heure actuelle. Ce qui me posait problème d’ailleurs, car j’ai étudié l’allemand et je me suis rendue compte que je connaissais finalement très peu de cinéastes de ce pays, mis à part les classiques tels que Fritz Lang, Murnau, etc. Donc je suis venue l’année dernière à la Berlinale, et j’ai pu découvrir des cinéastes très importants tel qu’Ulrich Köhler. Les films allemands qui sortent en France sont, selon moi, moins intéressants, car ils traitent toujours des mêmes thèmes : la Seconde Guerre Mondiale, la séparation de l’Allemagne en deux blocs, etc.

3- Déjà, c’est une chance extraordinaire de pouvoir assister à la Berlinale, d’avoir accès à tous les films que l’on veut, et de pouvoir rencontrer des réalisateurs. Et puis d’échanger avec les autres membres du jury, cela change vraiment ma perception des films, car je me rends compte que nous avons tous des façons très différentes de voir les œuvres. Juger les films, ce n’est pas simplement savoir dire « j’aime » ou « j’aime pas », c’est surtout pouvoir expliquer son point de vue, le remettre en cause, et c’est à ce titre une expérience d’une grande valeur. Cela pose la question des critères de sélection, de jugement, et de véritablement avoir une grande culture cinématographique. C’est vraiment un rôle difficile.

Phillip Wolf

1- Cela s’est développé sur plusieurs années, il n’y a pas eu vraiment de déclic. Progressivement, j’ai commencé à réfléchir par moi-même sur les films, et à avoir des réalisateurs fétiches comme Jim Jarmusch ou Takeshi Kitano.

2- Je pense que ce sujet est plus ou moins stérile, il faut faire des films comme on a envie de les faire, et ne pas se soucier de leurs nationalités. En tous cas, il ne faut vraiment pas, selon moi, se fixer là-dessus, ou tenter absolument de faire des films qui puissent se vendre internationalement. On peut bien sûr dire que tel ou tel film est influencé par le cinéma italien ou français, mais ce n’est pas le plus important. Je pense qu’on ne doit pas non plus se focaliser exclusivement sur les problèmes de notre époque, il faut aussi de la poésie, et plus de vérité dans une perspective d’absolu.

3- J’aime beaucoup parler des films avec les autres membres du jury, c’est une chose que je voudrais avoir l’occasion de faire plus souvent. Bien sûr, je parle des films avec mon entourage, mais ce n’est pas la même chose, pas le même type de discussions. Jusque-là, je n’ai pas encore beaucoup écrit sur les films, et cette expérience me pousse à vouloir le faire plus, car, lorsque je parle avec les autres jurés, j’arrive à voir les choses autrement.