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Trois questions aux membres du jury

Entre séances et débats sur les films de la sélection, trois membres du jury ont eu le temps de se prêter à l’exercice de l’interview. Une occasion de mieux faire leur connaissance, sous la forme de trois questions posées à chacun :

1- D’où vient votre plaisir/désir de cinéma ?

2- Quel regard portez-vous sur le cinéma allemand ?

3- Que représente pour vous l’opportunité de faire partie de ce jury ?

Franziska Hessberger

1- Le cinéma fait partie de ma vie depuis longtemps. En fait, c’est drôle, mais le premier film qui m’a marquée s’appelle Babe, c’est un film pour enfant sur l’histoire d’un cochon. J’ai été tellement émue par le film, que je suis depuis devenue végétarienne ! Je pourrais en citer d’autres, mais c’était surtout pour dire que les films ont une véritable influence sur moi et sur ma vie. Je vais donc très souvent au cinéma, et j’ai également un désir très fort de faire des films. À travers cette pratique, je veux réussir à toucher les gens, à faire évoluer leurs opinions et leur vision de la vie.

2- Le cinéma allemand a une place importante dans l’histoire du cinéma, mais il y a également des films extraordinaires qui se font encore aujourd’hui en Allemagne. Je pense à Fatih Akin, avec ses histoires très contemporaines, politiques, un cinéma dynamique que j’aime vraiment beaucoup. Dans le domaine du documentaire également, il y a une réalisatrice germano-coréenne qui s’appelle Cho Sung-Hyung, avec des films comme Full Metal Village. Elle a une vision très acérée des choses et elle montre, selon moi, l’Allemagne telle qu’elle est aujourd’hui.

3- J’ai fait un stage à la Berlinale il y a quatre ans, et j’avais vu une affiche concernant ce jury franco-allemand. J’avais véritablement envie d’y participer, et je me suis jetée à l’eau cette année. J’adore ce festival, et je suis vraiment heureuse de pouvoir débattre des films. C’est aussi l’occasion de rencontrer beaucoup de gens, notamment des professionnels, et surtout d’avoir des discussions sur les films que l’on ne peut pas avoir dans la vie de tous les jours. Et ça, c’est très important pour moi.

Gustave Shaïmi

1- C’est arrivé très tôt. J’ai vécu mon enfance à Montélimar, une petite ville, et puis j’ai déménagé à Lyon il y a trois ans. Depuis, c’est le rêve, car j’ai accès à toutes les sorties nationales. J’habite à cent mètres de l’Institut Lumière et de la Cinémathèque de Lyon, avec une très bonne programmation. Lorsque je vivais à Montélimar, je me souviens très bien qu’à huit ans j’étais déjà allé au cinéma tout seul ! J’ai des parents et des grands-parents très cinéphiles, j’ai donc toujours baigné dedans. Lorsque j’étais au collège, j’ai commencé à rédiger un blog et depuis, j’ai obtenu plusieurs prix pour des critiques. Aujourd’hui, je me consacre à mon site de critique de manière très sérieuse, tout en ayant décidé de faire des études en Sciences Politiques. Contrairement à la faculté, étudier à « sciences-po » me permettra d’avoir une « étiquette » bien claire et, j’espère, de rejoindre par la suite le milieu du cinéma pour y travailler.

2- Bien sûr, je connaissais les grands noms comme Fassbinder, mais c’était aussi l’occasion de parfaire ma culture en venant au festival de Berlin. L’Institut Louis Lumière fait régulièrement des programmations autour du cinéma allemand, mais cela reste ponctuel. Le problème est que les films allemands ont beaucoup de mal à passer la frontière, on en voit finalement très peu sortir dans les salles françaises. Alors oui, j’adore Fatih Akin, La Vie des Autres, je trouve dommage que Wolfgang Becker n’ait rien fait après Good Bye Lenin, que Florian Henckel Von Donnersmarck se soit selon moi fourvoyé en allant faire un film aux Etats-Unis. Je fais actuellement une année d’études avec le programme Erasmus en Allemagne, et j’ai pu voir tellement de beaux films que je sais maintenant que c’est bien un problème de distribution des films allemands en France qui m’a empêché de mieux connaître ce cinéma.

3- La première chose qui m’a enthousiasmé à l’idée de faire partie de ce jury, c’était de me dire : « Enfin, je vais pouvoir parler du cinéma allemand avec des allemands ! ». Car à la faculté allemande où j’étudie actuellement, ce n’est pas très causant ! Alors je peux enfin rassasier ma soif d’échanges et de débats sur le cinéma. Après, de manière plus pragmatique, je sais que si je veux être en position de rejoindre le milieu du cinéma après mes études, je dois multiplier les expériences dans ce domaine.

Sandra Jumel

1- Cela risque de paraître un peu commun si je dis que j’ai toujours aimé le cinéma ! J’ai véritablement une passion pour l’analyse de films, les symboles, l’interprétation, même s’il est toujours difficile de savoir si l’auteur a mis consciemment ou non ces choses en place dans son film. Dans le jury, nous avons tous des parcours très différents, et ce qui est véritablement passionnant, c’est la diversité des perceptions et des goûts.

2- Le cinéma allemand a, pour moi, influencé tout un panel de réalisateurs au XXème siècle, avec le courant expressionniste par exemple. Toute une frange du film noir américain descend de ce cinéma-là. Bien sûr, avec la Seconde Guerre Mondiale, des réalisateurs allemands se sont exilés aux Etats-Unis, laissant un vide dans la production nationale. Mais depuis la chute du mur de Berlin, on voit comme une sorte de renaissance du cinéma allemand, qui s’intéresse beaucoup à l’Histoire de son pays.

3- Donner la possibilité à des jeunes qui ne sont pas forcément spécialistes en la matière, et puis surtout le dialogue inter-culturel, c’est quelque chose de très important. Je dois dire également que j’adore la ville de Berlin, qui est très vivante au niveau culturel, donc rien que le fait d’être ici, c’est formidable ! Le festival de Berlin a une véritable volonté de diversité. Et de voir des films très différents permet de se forger un esprit critique. Faire partie du jury nous force également à gagner en assurance sur la prise de parole dans les débats, et de réussir à confronter sa vision à celle des autres. C’est une expérience que je n’oublierai jamais.